Interviews

Autoportrait ou profil II, peinture à l'huile sur plaque de dibond, 100 x 75 cm, 2019 (détail)

L'échauffement ou profil III, fusain sur papier, 110 x 100 cm, 2019

Olivia Etienne, artiste plasticienne diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Strasbourg (avec Félicitation du Jury), s’est formée dans l’atelier du peintre Daniel Schlier. Aujourd’hui elle vit et travaille à Rennes où elle participe à de nombreuses expositions collectives dont He is the King, I am the Art, au Vieux Saint Laurent en 2019.

 

Olivia était ma collègue d’atelier pendant plusieurs années à la HEAR et nous sommes restées de bonnes amies :

 

Ses dessins et peintures sont un mélange entre force et légèreté, contrôle et lâché prise, transparence et réalisme.  Des formes figuratives qui s’apparentent à des portraits, des corps, des vêtements et tout ce qu’il nous faut pour se sentir à l’aise. Oui, des éléments de notre quotidien, qui nous appartiennent et qui font parties du décor. Un pull à manche longue rayé, cette marinière que l’on reconnaît facilement, est dessiné au fusain avec une immense précision dans les détails. Le caractère à la fois sérieux et méticuleux d’Olivia se ressent dans sa technique extrêmement pointilleuse. Mais c’est en fixant les détails que l’on commence à perdre nos repères.

 

Les références à l’histoire de l’art ne sont pas moindres :

 

Un objet est posé sur le crâne de l’artiste, voilà un autoportrait bien perturbant pour le spectateur. Est-ce une fleur, un bijou ou bien une sculpture ? En réalité, c’est un crâne de chien comme une référence au temps qui passe. Soudain, nous sommes frappés par cette vanité et nous nous souvenons que nous sommes que de passage.  Ces portraits de profil font référence aux portraits des peintres Allemand et Italien : Holbein et Piero de la Francesca. Les énigmes se cachent subtilement dans l’œuvre d’Olivia Etienne, elles sont là pour nous questionner sur notre existence ou tout simplement sur le fond de l’œuvre. Un chien, celui d’une de ses amies, est allongé devant un tableau faisant référence à La Mélancolie de Chranach. C’est une manière pour l’artiste de nous faire voyager entre le passé et le présent, dans l’histoire de l’art et  dans sa vie quotidienne. 

 

Les arrières plans dans les œuvres d’Olivia Etienne tendent souvent vers l’abstraction. La fluidité de son trait vient créer avec douceur des formes qui se bousculent et s’effacent, un trait libre qui n’est pas totalement contrôlé et qui laisse une place à la beauté cachée de l’inconnu. Enfin, l’œuvre d’Olivia Etienne nous transporte dans un univers mystérieux où les fonds colorés et floutés à la térébenthine hypnotisent notre regard.

 

Lien vers le site de l'artiste : Site internet Olivia Etienne

Lien vers la page Facebook : Facebook Olivia Etienne

Le trio, fusain sur papier, 170 x 130 cm, 2018

Olivia Etienne graduated from the Haute Ecole des Arts du Rhin in Strasbourg. She was trained in painter Daniel Schlier’s studio. Today she lives and works in Rennes where she participates in several group shows including He is the King, I am the Art in 2019.

Olivia was my art school mate for several years at HEAR in Strasbourg and we remained good friends: her drawings and paintings are a mixture of strength and lightness, control and poetry, transparency and realism. In her works, we can find figurative shapes that look like portraits, bodies, and clothes. These are elements of our daily life, which belong to us and which are part of the décor that surrounds us. We can see a striped long-sleeved sweater, this well-known French marinière, drawn by the hands of Olivia with an impressive precision in the details. Olivia has a serious and meticulous temperament and we can see it in her extremely precise technique. And if we take a closer look to the details in her works, we begin to lose sight.

There are plenty of references to art history: an object is placed on the artist’s skull, it’s a disturbing self-portrait for the spectator. Is it a flower, a jewel or a sculpture? In reality, it's a dog's skull as a reference to time that is passing by. Suddenly, we are surprised by this vanity and we remember that our time is limited on earth. These profile portraits refer to German and Italian painters: Holbein and Piero de la Francesca. The enigmas are hidden subtly in the work of Olivia Etienne, they are there to question us about our existence or simply on the deep meaning of the artists work.

Her dog’s friend is lying in front of a painting as a reference to The Melancholy of Chranach. It’s a way for the artist to make us travel between the past and the present, in the art history and in her daily life. The backgrounds in Olivia Etienne’s work often look like abstract landscapes. The fluidity of the line gently creates shapes that jostle and fade; the artist also likes the “accident” on the paper as it leaves room for the hidden beauty of the unknown. Finally, the work of Olivia Etienne transports us into a mysterious universe where colorful backgrounds are blurred with turpentine and slowly mesmerizes our eyes.

 

Pierre dans l'atelier, fusain sur papier, 170 x 130 cm, 2018

Vue de l'exposition He is the King I am the Art, au Vieux Saint Laurent à Rennes en février 2019


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