Ma vie de jeune artiste, My life as a young artist

 

 

Throughout art history, women have always been male artist's muses. They were the creators and women were the inspiration. Painters depicted portraits of beautiful women often naked. Later, some women artists such as Claude Cahun broke these canons of beauty. She invented her own androgyne personality and she was her own muse. Nowadays, through social media, women create their own social personalities. For example, they do it on Instragram, they give themselves a second life in a digital reality.

 

A travers l'histoire de l'art, les femmes ont toujours été les muses des hommes artistes. Ils étaient les créateurs et les femmes étaient leur inspiration. Les peintres représentaient des portraits de belles femmes souvent nues. Plus tard, certaines femmes artistes comme Claude Cahun ont rompu ces canons de beauté. Elle a inventé sa propre personnalité androgyne et elle était sa propre muse. De nos jours, grâce aux réseaux sociaux, les femmes créent leurs propres personnalités sociales. Par exemple, elles le font sur Instragram, elles se donnent une seconde vie dans une réalité numérique.

OBEY, 2017, charcoal, pastel and ink on paper, 150,2 x 121,5 cm

So I thought that I would create my own muse. Her name is Little Elizabeth and she’s my alter ego. Let me tell you how it all started : 

 

"They had just moved to 241 Westend Avenue, in a nice house near the sea. She was finally far away from the city. Little Elizabeth was so happy. While she was looking outside the window, she yelled: "Mom, come over here! How come the sea is blue? It's so boring! I did not expect that! Rania smiled, kissed the child on her little forehead and left the room.  Elizabeth looked down and noticed that a little girl was watching her. " Well, what are you waiting for? Come on, come play, come play in the water with me!" Cried the little stranger. Surprised, Elizabeth pretended to hesitate. Then she got exited and went down to join her. "I'm Mary. Who are you?" Little Elizabeth was feeling so shy. The arrogance of Mary made her feel bad. She stared at her with her big round eyes. Then she answered: "El, El, Eli." She did not have the chance to finish her sentence. Mary dragged her by the arm to the edge of the blue water. Amazed by the waves, Elizabeth felt alive. She peacefully watched the water dance to the rhythm of the wind, crashing each time on her small ivory toes. Everything lost its importance. She closed her eyes. She could not feel her body anymore. Her hair was flying in the strong wind. She was dreaming... 

All of a sudden, Mary pushed her in the blue water! She caught a fish, looked at Eli and she said: "Do you still think that the blue sea is BORING? Watch! I'll show you!" She looked for a sharp stone and stabbed the fish. Then she caught another one and while stabbing it she cried:"You see! The red sea is much more fun!" Elizabeth could not speak anymore. The blood was spurting everywhere. She watched the sea turn red. Like a mad murderer, Mary continued her massacre. The water turned red as blood. There was no longer any noise. The waves seemed dead. The smell of the dead fish was unbearable. Then they heard Rania shouting: "Elizabeth, Elizabeth! It's time to eat! God, where are you?""

 

French version:

 

J'ai donc créé ma propre muse. Elle s'appelle Petite Elizabeth, c'est mon alter ego. Laissez moi vous raconter comment tout à commencé :

Ils venaient tout juste d’emménager au 241 Westend Avenue1, dans une jolie propriété entre la mer et la terre. Ravie d’avoir fui le monde industriel, Petite Elizabeth ne put retenir des larmes de bonheur. Tout en pointant la fenêtre, elle s’écria : « Maman, viens regarder par ici. Dis, pourquoi la mer est-elle bleue ? C’est si ennuyeux, je ne m’attendais pas à ça ! » Rania sourit, embrassa l’enfant sur son petit front et quitta la chambre. Lorsqu’Elizabeth pencha sa tête un peu plus vers le bas, elle remarqua qu’une petite fille la guettait. « Et bien, qu’est-ce t’attends ? Allez, viens jouer, viens jouer dans l’eau avec moi ! », cria la petite inconnue. Surprise, Elizabeth fit semblant d’hésiter. Puis c’est toute excitée qu’elle descendit la rejoindre. « J’suis Mary, et toi t’t’appelles comment ? » Petite Elizabeth fut prise d’une timidité handicapante. Le franc-parler de sa camarade la déstabilisa. C’est avec des yeux tout ronds et figés qu’elle la fixa. Puis elle bégaya « El, El, Eli. » Elle eut à peine le temps de terminer sa phrase, que Mary la traîna par le bras au bord de l’eau bleue. Emerveillée par la douceur des vagues, Elizabeth se sentait vivre. Paisiblement, elle les regardait danser au rythme du vent, avançant, reculant et s’écrasant à chaque fois sur ses petits orteils ivoire. Bercée par le bruit de la mer, tout perdit de son importance. Puis ses grands yeux se fermèrent. Elle ne sentait plus le poids de son corps. Ses cheveux volaient dans le vent agité, frôlant un peu son visage de chaque côté. Elle rêvait...

Tout d’un coup, Mary la poussa brutalement dans l’eau azur. Puis elle attrapa un poisson, se retourna vers elle et avec son intonation franche elle s’exprima : « Alors ça t’ennuie la mer bleue ? Ben r’garde ? J’vais t’montrer ! » Elle chercha une pierre bien aiguisée et déchiqueta le poisson. Puis elle en attrapa un autre et tout en le poignardant elle cria : « Alors tu vois la mer rouge c’est bien plus marrant ! » Elizabeth, figée, n’arrivait plus à parler. Le sang giclait de tous les côtés. Elle regardait la mer changer de couleur. Prise d’une folie meurtrière, Mary continua son massacre. L’eau devint rouge sang. Il n’y avait plus de bruit. Les vagues semblaient mortes dans l’odeur insupportable des restes de poissons qui flottaient sur la surface de l’eau rouge. Puis elles entendirent Rania crier au loin : « Elizabeth, Elizabeth ! Il faut passer à table ! Bon Dieu, où es-tu ? »


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